Philip Morris est nommément accusée par Le monde Diplomatique (édition de juillet 2002) de profiter de l’exploitation du travail forcé d’enfants pour la récolte et le séchage du tabac blond. Voici le lien : http://www.monde-diplomatique.fr/2002/07/RAMONET/16664.

Cliquez ici pour l’histoire authentique  de Tini, enfant exploitée à en perdre la santé.

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Note du webmaster à propos du livre « Tini – José – Shabbir – travailleurs à 10 ans »

Ce livre, si important, n’est hélas plus vendu en Suisse, du moins à ma connaissance. (Prière de me le signaler si je me trompe, et alors de me donner l’adresse du commerce concerné, à l’adresse internet mentionnée en bas de la page d’accueil.) C’est uniquement pour ça que je me suis permis de mettre une de ses trois parties en ligne. Il était édité (3e édition en 1989) par un groupe d’associations : Déclaration de Berne (Suisse), Orcades (France), Magasins du monde OXFAM (Belgique), Gruppo Abele (Italie), avec le soutien d’organismes officiels comme le Secrétaire d’État français chargé de la jeunesse et des sports, la Fédération genevoise de Coopération, ainsi que de Terres des hommes, The Anti-Slavery Society (Angleterre), entre autres.

Il y a juste une petite erreur scientifique dans l’histoire de Tini : les feuilles de tabac ne dégagent pas de spores. (Les spores sont les cellules reproductrices des plantes primitives comme les fougères.) Mais elles dégagent une foule de cellules dangereuses, acariens, poussières, etc. Cette erreur de vocabulaire pur ne diminue en rien la portée du message véhiculé par cette œuvre.

Notons surtout que, si l’histoire de Tini est relativement ancienne (1988), l’exploitation du travail forcé d’enfants par la société Philip Morris établie à Lausanne pour la récolte et le séchage du tabac blond dans les pays du Sud est dénoncée par le Monde diplomatique dans son édition de… juillet 2002.

 

Préface du livre complet par Colette Braeckmann

On ne le dira jamais assez : le fait que des millions d'enfants, sous toutes les latitudes, soient mis au travail, est l'un des scandales majeurs de notre temps. On leur vole leur jeunesse, leur éducation, leur santé, leur vie même, tout simplement parce qu'ils coûtent moins cher que des machines. Ce peuple de l'ombre, qui œuvre dans les arrière-boutiques, dans les ateliers insalubres, sur les chantiers, n'est défendu par personne ou presque : la tutelle des familles, la complicité des gouvernements, la complaisance des systèmes, ne sont-elles pas toutes puissantes ? C'est pour cela qu'il est urgent, par tous les moyens et le plus vite possible, de dénoncer non seule­ment les abus, mais les faits eux-mêmes.

Colette Braeckman, journaliste-reporter au Soir (Belgique), collaboratrice du Monde Diplomatique

… et par Michel Bonnet

UNE AVENTURE…

En Asie, des dizaines de millions d'enfants sont obligés de travailler. Dans certains pays, plus d'un enfant sur deux ne peut aller normalement à l'école parce qu'il est au travail. Bâti par les gouvernements, les employeurs, les parents eux-mêmes, un mur de silence tend à entourer le sort des enfants travailleurs. Briser ce mur, tel est le défi numéro un que doivent relever les organisations qui luttent contre l'exploitation des enfants.

Ces organisations sont la plupart du temps de petits groupes locaux. Il leur est très difficile de faire entendre le cri des enfants travailleurs. Un réseau s'est mis en place ces dernières années, « CHILD WORKERS IN ASIA », basé à Bangkok, dont le premier but est l'échange d'information entre les équipes locales et la diffusion de cette information sur le plan international.          '

Un autre objectif de ce réseau : atteindre les enfants, pour commencer à bâtir une solidarité qui nous engage à lutter contre les injustices actuelles. Les moyens audio-visuels, dont la bande dessinée, ont un rôle capital... mais leur coût de production élevé les met hors de portée des petites associations locales.

Des organisations européennes, la Déclaration de Beme (Suisse), ORCADES (France), les Magasins du Monde OXFAM (Belgique), Gruppo ABELE (Italie), la Société Anti-Esclavagiste (Angleterre), ont décidé de mettre leurs moyens au service de la défense des enfants travailleurs. Une aventure au goût de « première » mondiale.

Aventure de la production d'abord. Pour respecter l'extrême variété des situations économiques et culturelles, il fallait permettre à chacun d'exprimer sa vie à sa façon. Dans divers pays d'Asie, des équipes ont été contactées, invitées à rédiger une tranche de la vie d'un enfant travailleur, et à l'exprimer en dessins : ainsi les moyens étaient donnés à une communauté locale de s'exprimer librement.

Aventure pleine de risques : peur des représailles, difficultés pour trouver des artistes locaux, problèmes de communication. Les embûches n'ont pas manqué sur une route qui a duré deux ans et au bout de laquelle trois équipes, en Inde, en Indonésie, aux Philippines, ont réussi à produire les histoires de cet album. Déjà un succès en soi.

Aventure du soutien international ensuite : seule une prise en charge solidaire pouvait faire honneur à un tel projet. Peu à peu des organisations européennes sont entrées en pourparlers, ont passé des accords avec les partenaires asiatiques. Ce qui a permis de publier une première édition en plusieurs langues.

Aventure enfin qui continue ! Permettre à chaque communauté de diffuser une infor­mation internationale dans son pays et dans sa langue est tout aussi vital que de lui donner les moyens d'une audience internationale. Or comment faire face au financement d'une publication locale quand la difficulté de diffusion ne permet pas d'imprimer un millier d'exemplaires ? Il a donc été décidé qu'un pourcentage du prix de vente de chaque album en Europe serait automatiquement mis à la disposition des équipes des pays du Sud pour la publication du même album dans leur propre langue.

En attendant que d'autres albums suivent, que d'autres solidarités naissent...

Michel BONNET

Consultant sur le travail des enfants auprès d'organisations internationales

 

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Préface par les auteurs de l’histoire de Tini, une enfant travailleuse dans une usine de tabac

 

INDONÉSIE : DES ENFANTS REVENDIQUENT DE MEILLEURES CONDITIONS DE TRAVAIL

En novembre 1988, alors que notre équipe mettait en forme l'histoire de Tiny, quelques enfants travaillant dans une biscuiterie de la zone industrielle de Tungerang, proche de Jakarta, décidaient de participer avec des ouvriers adultes à la création d'un syndicat. Cette entreprise emploie environ deux cents travailleurs dont 60 % sont des enfants. Malgré une dure répression, le syndicat a vu le jour et deux enfants ont été élus parmi les responsables.

L'Indonésie occupe une place particulière en Asie en ce qui concerne les enfants travailleurs. Tout d'abord, c'est sans doute le pays où il est le plus difficile de connaître leur situation bien qu'ils soient présents en grand nombre dans l'agriculture, dans une foule de petits ateliers appelés « domestiques » ainsi que dans de grandes entreprises. Une seconde caractéristique, la plus étonnante, est la présence d'enfants travailleurs actifs dans l'action syndicale puisqu'il existe des groupes membres du SPSI, centrale syndicale indoné­sienne.

Si, depuis une dizaine d'années, le nombre des enfants venant de la campagne et travaillant en ville ne cesse d'augmenter, la majorité des enfants au travail, cependant, vivent dans les campagnes. Ce qui ne signifie pas forcément que leur vie y soit plus facile, comme le montre l'histoire de Tiny. Depuis très longtemps l'industrie du tabac est importante en Indonésie. Les enfants y sont employés dans les trois stades de la production : la culture du tabac, le séchage des feuilles et la fabrication des cigares et cigarettes. De ces trois étapes, le séchage est sans doute celle où les enfants travailleurs d'Indonésie souffrent le plus : les heures de travail sont longues, les feuilles dégagent une odeur qui provoque une toux continue, des maux de tête, des douleurs intestinales, et abîme la vue. La fatigue est extrême.

Dès que les camions arrivent des champs, le jour, la nuit, quelle que soit l'heure, il faut faire vite. Vite d'abord pour prendre le plus possible de feuilles, car la compétition est grande parmi les enfants et le salaire dépendra du nombre de feuilles préparées. Disputes et coups ne sont pas rares. Vite aussi pour travailler, car les feuilles doivent être traitées lorsqu'elles sont fraîches. L'histoire de Tiny montre non seulement le détail des opérations que comporte la préparation des feuilles mais aussi l'âpreté de la compétition entre les enfants, provoquée en fait par l'exigence des employeurs. C'est une histoire sombre, qui nous emmène loin des clichés touristiques.

Les auteurs ont voulu lancer un appel aux adultes pour qu'ils réfléchis­sent au travail de ces enfants et s'organisent pour trouver des solutions. A la lecture des deux dernières pages, qui nous feront sans doute penser plus à un livre de classe qu'à une B.D. pour distraire, pensons que cet album, traduit dans les langues locales, est destiné à soutenir l'animation de réunions dans les communautés villageoises d'Indonésie et participera ainsi à un meilleur respect des droits des enfants.

 

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