De: Blaise Golay [blaise.golay@urbanet.ch]
Envoyé: jeudi, 24. mars 2005 07:17
À: 'Fran ç ois Gingins'; 'Cherix Cath'; 'marc-alain.berberat@edu-vd.ch'; 'philippe.rovero@dfj.vd.ch'; 'muriel.grillone@ssp.vd.ch'; 'philippe.rovero@edu-vd.ch'
Cc: 'vucha@bluewin.ch'; 'jean-claude.noverraz@edu-vd.ch'
Objet: guérison

Blaise Golay Devin 76 1012 Lausanne

 

Au doyen de la formation initiale, Monsieur Philippe Rovero ; à mes collègues formateurs de la HEP.

 

A Madame Wasen, qui prend la succession de Monsieur Méan, ex-adjoint du médecin cantonal

 

Monsieur le Doyen, chers Collègues, Madame,

 

 

C’est ayant subi d’intolérables effets secondaires du Zoloft, un antidépresseur prescrit sur demande de M. Méan, adjoint au médecin cantonal, et contre mon gré (j’ai arrêté d’en prendre), que j’ai réalisé à quel point la solution préconisée par celui-ci était inadéquate. J’en ai une bien meilleure.

Ce n’est pas lourd psychiquement d’être enseignant en VSO et en plus d’être l’objet de persécutions politiques et administratives (menaces de mort écrites et signées, plaintes pénales, faux dans les titres permettant des saisies pour des dizaines de milliers de francs sur mon salaire, etc.). Par contre c’est très lourd d’être enseignant en VSO et d’être le seul à être objet de toutes ces mêmes persécutions politiques et administratives. Pour pouvoir en supporter le cumul, il faut une résistance psychique que ni vous ni moi n’avons ; vous, parce que vous n’en avez pas besoin. Ce ne sont pas des antidépresseurs avec leur cortège d’effets secondaires qui vont me la fournir. Alors j’ai une bien meilleure solution. Seulement celle-ci requiert votre participation.

Mes ennuis politiques et par suite ma surcharge psychique découlent de mon opposition aux pratiques de la firme Philip Morris en Suisse – violation de l’art. 15 « Otab », entre autres - et dans les PVD – exploitation dans d’atroces conditions du travail forcé d’enfants d’à peine 10 ans pour la récolte et le séchage du tabac blond, destruction irréversible de la forêt tropicale primaire et des sols, génocide des gens qui en dépendent. Je m’oppose aussi au soutien illégal apporté à cette firme par les pouvoirs politiques et judiciaires vaudois et lausannois et par le T.F. Au total, c’est une opposition à la violation de 6 lois, à 2 délits, à 4 crimes « normaux », à un crime ou délit probable et à un crime imprescriptible. Alors voici la participation que je vous demande.

-          Vous écrivez à tous les pouvoirs politiques et judiciaires vaudois et lausannois ainsi qu’au T.F. que nous tou(te)s, enseignant(e)s, infligeons 2 heures d’arrêt aux élèves surpris en train de fumer, que par conséquent vous êtes scandalisé(e)s que l’interdiction de cibler les jeunes par la publicité pour le tabac soit systématiquement transgressée avec leur complicité active, et exigez qu’ils y mettent fin immédiatement et sans conditions.

-          Vous exigez auprès de tous les mêmes pouvoirs l’arrêt immédiatement du chantier de l’extension de Philip Morris à Lausanne tant que toutes les conditions suivantes ne sont pas toutes complètement réalisées (à faire attester par un organisme neutre indépendant de Philip Morris et de tous les pouvoirs en Suisse) :

o        L’arrêt total et définitif de l’exploitation du travail forcé des enfants en rapport avec le tabac (récolte et séchage, en l’occurrence) ;

o        Plus un seul arbre tropical abattu pour cause de culture ou séchage du tabac ;

o        Plus aucune atteinte à la fertilité des sols pour cause de culture ou séchage du tabac ;

o        Plus aucune publicité pour le tabac ciblant les enfants partout où cette publicité est interdite (en Suisse et en Inde, par exemples).

-          Vous exigez que toutes les personnes impliquées dans le génocide causé par les pratiques édaphiques de Philip Morris soient jugées selon les normes de la CPI ou du TPI.

 

Si vous pensez que de la sorte vous vous attirerez des ennuis, je pense au contraire que vous n’en tirerez que des avantages :

-          Vous vous mettrez en conformité avec la Loi vaudoise sur la protection des mineurs (LPM). Dont l’art. 26 nous oblige à dénoncer les atteintes abusives à l’intégrité corporelle subies par les élèves, au besoin en ne respectant pas le secret de fonction.

-          Vous serez moins, voire plus du tout, objets de reproche potentiels de vos (futurs?) petits-enfants ou de leurs contemporains de pratiquer l’ « Après moi le déluge ».

-          Vu les ennuis que vous subirez peut-être par Philip Morris et ses politiciens et juges achetés, vous montrez aux élèves que ce que vous leur enseignez ou imposez en matière de cigarettes, drogues, développement durable, pollution, Droits de l’enfant est vraiment quelque chose qui vous tient à cœur et donc devient plus crédible et acceptable auprès des élèves rebelles.

-          Le message des adultes devient plus cohérent ; du coup la destruction des repères dont les jeunes ont besoin pour grandir diminue, et les incivilités et la délinquance juvénile fait de même.

-          Si vous convainquez un grand nombre de directeurs, doyens et enseignants de faire comme vous, les ennuis que vous pourriez subir seront quasi inexistants.

 

Du coup la charge psychique que je subis deviendra dérisoire, donc j’enseignerai normalement. (Vous pourrez alors évaluer mes prestations d’enseignant de manière objective vu que nos charges psychiques respectives seront les mêmes, ou du moins n’auront plus que les mêmes origines). C’est quelque chose que vous devriez faire de toute façon et indépendamment de mon existence ou de mon problème, vu la loi précitée et la déontologie de notre métier. Si vous ne le faites pas pour moi, faites-le pour les élèves de ce canton, ils financeront plus tard notre AVS et hériteront la Terre que nous leur laisserons, alors ils le méritent bien.

 

Pour finir, ces citations de personnes célèbres me semblent venir très à propos :

 

o        « Ma génération en a assez des leçons. Elle veut des exemples. » Boris Vian

 

o        « Il n’est pas dangereux de vivre en ce monde à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire. » Albert Einstein

 

o        « Nous n’héritons pas la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. » Antoine de Saint-Exupéry

 

o        «  En dépit des efforts entrepris ces deux der­nières décennies, nous vivons plus que jamais sur le dos des générations futures (…) Non, il n'est pas possible de compter sur le progrès scientifique et l'innova­tion technologique pour ré­soudre tous les problèmes de notre écosystème. Non, on ne pourra léguer une terre viable aux générations futures sans rien changer à notre mode de vie. » Manuel Grandjean, ex-rédacteur en chef du Courrier (11.11.2003)

 

Meilleures salutations.

 

 

Blaise Golay