Adolf Hitler et Philip Morris : Une similitude pas bizarre.

 

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Les extrêmes se touchent. (La gravité hitlérienne et la futilité de Philip Morris se rejoignent dans l’injustice.)

La Shoah ? Ils s’en fichent.

Égalité dans les résultats

Philip Morris reprend 3 des 4 perversions du nazisme historique :

- 1) l’exploitation du travail forcé (ici : d’enfants pour la récolte et le séchage du tabac blond, notamment en Afrique ; exploitation dans d’atroces conditions ; exploitation par le biais de ses fournisseurs),

- 2) l’anéantissement des ressources vitales de populations entières, ici par la culture du tabac et la déforestation tropicale, qui entraînent la destruction de la fertilité des sols, l’érosion, la désertification (transformation en désert), les glissements de terrain et l’étouffement des estuaires (= là où une rivière se jette dans un lac ou dans la mer) par de la bonne terre arrachée au flan des montagnes (tout ça, c’est ce qu’on appelle des désastres édaphiques); et

- 3) le génocide (le meurtre d’un très grand nombre de gens) de ces mêmes populations.

L’étouffement des estuaires tue les poissons, donc aussi les gens qui en vivent. Le désastre édaphique est irréversible, donc irréparable. De ce point de vue-là, il est plus grave que les bombardements de villes de Rotterdam ou de Coventry par l’aviation allemande en 1940, ou que la destruction systématique de Varsovie par les nazis à la fin de la 2e Guerre mondiale. Le nazisme et la 2e Guerre mondiale sont l’un des principaux sujets d’Histoire en 9e année dans l’École vaudoise. Varsovie a été reconstruite en moins de 40 ans. Seule la nature pourra réparer les dégâts causés par les cigarettiers et il lui faudra des milliers d’années.

Les présidents du CIPRET et d’Oxygenève – ils sont loin d’être les seuls - parlent d’une « pandémie de 100 millions de morts » pour le 20e siècle provoquée par les cigarettiers (donc de 33 millions de morts pour la seule Philip Morris, le tiers du commerce mondial de tabac). Ça représente davantage de morts que celles de toutes les guerres réunies de ce même 20e siècle – dont deux guerres mondiales. Maints juges américains ont donné raison à des plaignants cancéreux (contre les cigarettiers) quoique fumeurs avertis (à l’école ou par les avis sur les paquets). Pourtant je ne considère Philip Morris et les autres cigarettiers comme coupables de meurtres ou d’assassinats que quand les personnes mortes n’ont pas eu le choix, donc sont :

- victimes des pratiques édaphiques (voir ci-dessus) ;

- victimes de la fumée passives (1000 morts par an rien qu’en Suisse, jusqu’en 2005 en tout cas)

- fumeurs analphabètes (= ne sachant pas lire) et/ou non avertis (aucune mise en garde ni à l’école ni sur les paquets, au Pakistan, en Chine - à elle seule le quart des habitants de la planète - au Mali, et dans de nombreux autres pays pauvres; au Brésil ce n’est plus le cas depuis peu) et ciblés par la persuasion clandestine ;

- veuves et orphelins des fumeurs non avertis dans les pays où il n’y aucune assurance sociale et qui sont donc obligés de mendier ou de mourir de faim.

Vu le transfert de la pandémie vers les PVD (= Pays en voie de développement, donc pays pauvres), admettre que Philip Morris ne serait coupable que de 6 millions de meurtres – donc admettre 27 millions de gens morts par leur faute - est bien trop bas, mais ainsi on est sûr ne pas accuser Philip Morris de ne serait-ce que d’un seul meurtre de trop. De toute façon, le massacre à Srebrenica fit 8000 morts, soit environ 780 fois moins que les 6 millions de morts du nazisme, et l’on parle déjà de crime contre l’humanité.

En Suisse, les 9/10 des fumeurs ont commencé comme enfants (source : ISPA). Il est très difficile d’arrêter. Bien de mes élèves m’ont mentionné des maux de tête terribles pour cause de tentatives de sevrage ratées. Malgré cela, et pour la Suisse et les autres pays de l’OCDE (pays industrialisés), je considère comme perversion de Philip Morris (et des autres cigarettiers, et de ceux qui les soutiennent) le faits que les enfants sont incités à fumer, mais pas leur décès comme adultes car on peut quand même arrêter de fumer, même si c’est très dur. Au final je suis bien plus « cool » avec Philip Morris que les présidents du CIPRET et d’Oxygenève, les autres associations antitabac et les juges américains.

Les nazis pratiquaient une chose supplémentaire : la torture de prisonniers pour les faire parler. Il n’y a pas l’équivalent chez les cigarettiers. On pourra donc admettre que la perversion de Philip Morris vaut les ¾ de celle d’Hitler.

Les extrêmes se touchent

Sur le plan de la morale, Hitler et Philip Morris semblent être très opposés. Hitler voulut anéantir complètement le peuple juif. Or celui-ci, chassé de Palestine par les Romains peu après Jésus-Christ, vivaient en Europe et avait toujours été abondamment persécuté et massacré. Hitler voulut donc apporter sa solution finale à un problème très grave : 2000 ans (ou presque) d’Histoire et de religions mal comprises (la chrétienne et la juive). Sa solution, tout en étant extrêmement perverse, était tout le contraire de futile (futile = à la fois bête et inutile, aussi frivole), car prenant racine dans un sentiment répandu dans toute l’Europe depuis tellement longtemps : l’antisémitisme (= haine contre les Juifs).

Pour Philip Morris, c’est tout le contraire. La cause de ses génocides, de son exploitation du travail forcé et de ses destructions massives est très, très futile. Il n’y a pas de volonté d’anéantir un peuple. Le génocide n’est qu’un dégât collatéral. Il n’est que le résultat de la volonté de produire du tabac le meilleur marché possible, sans respect aucun. Donc de produire la plante la plus futile et dangereuse qui soit – pour le consommateur comme pour la fertilité des sols. Pire, c’est même surtout pour produire une variété de tabac plutôt qu’une autre : le blond qui doit être séché par chauffage au feu de bois pendant 10 jours en continu plutôt que le tabac brun, qui se sèche tout seul, comme on le voit en Suisse (principalement 700 hectares dans la Broye). Il faut brûler 2 surfaces de forêt tropicale pour sécher une surface de tabac blond.

Vous connaissez déjà un crime très grave aux causes très futiles. Ainsi en juin 2003 Michael a été assassiné en gare d’Yverdon-les-bains rien que parce qu’on voulait lui voler son baladeur ou son portable, ou parce qu’il avait jeté un regard ou un mot de trop. Pour l’opinion publique, la futilité de ce crime était la base même de son immense perversion. Pour la cour de cassation qui confirma la peine maximale: « En outre, leur mobile était particulièrement futile et par conséquent odieux » (citée par TSR-info.ch 20 janvier 2006)

Ainsi les deux extrêmes se rejoignent dans une semblable perversion, qui est gigantesque, et qui est une gigantesque injustice. L’extrême gravité de la raison du génocide par Hitler rejoint l’extrême futilité de la raison de génocide par Philip Morris. Comme se rejoignent aussi les deux manières de produire les faux dans les titres : la « suppression de titres » (affirmer l’inexistence de vrais documents) est le contraire de la création de faux titres (qui n’existent pas), mais sont punis la même chose par le Code pénal suisse : jusqu’à 5 ans de réclusion criminelle. (généralité sur les faux dans les titres)

Dès lors cette question : pourquoi Anne-Cathreine Lyon, Oscar Tosato, Pierre Kolly, Daniel Christen, Marc Honsberger, François Gingins, Catherine Cherix, Pierre-Alain Berberat et beaucoup d’autres personnalités de l’École vaudoise soutiennent-ils Philip Morris ?

 

La Shoah ? Ils s’en fichent.

Enseigner et commémorer la Shoah (appellation hébraïque pour le génocide des Juifs par les nazis ; au programme en 9e année de l’École vaudoise) n’a pas comme but de créer ou maintenir un racisme anti-allemand. Mais d’honorer la mémoire des victimes, donc faire en sorte qu’elles ne soient pas mortes pour rien, donc que de telles atrocités ne se reproduisent plus, quelques soient les moyens et les causes. L’important est que soient évités les meurtres ou assassinats d’innocents, les destructions massives de biens vitaux, des souffrances injustes.

En favorisant la société Philip Morris, les politiciens, juges et autres scolaires vaudois et lausannois crachent sur la mémoire des victimes de l’Holocauste. Le « Plus jamais ça ! » des années 1945 et suivantes est devenu simplement : « Plus jamais ça ? Si, mais sous une autre forme, ce n’est alors pas grave ».

Dès lors de nouveau cette même question : pourquoi Anne-Cathreine Lyon, Oscar Tosato, Pierre Kolly, Daniel Christen, Marc Honsberger, François Gingins, Catherine Cherix, Pierre-Alain Berberat et beaucoup d’autres personnalités de l’École vaudoise soutiennent-ils Philip Morris ?

 

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